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Architecture - Urban DesignEn France avec la Berkshire Review

Une nouvelle exposition permanente à la Pavillon de l’Arsenal (version française)

Le Pavillon de l’Arsenal, Paris. Photo © 2012 Alan Miller.
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Le Pavillon de l’Arsenal, Paris. Photo © 2012 Alan Miller.
Le Pavillon de l’Arsenal, Paris. Photo © 2012 Alan Miller.

Pavillon de l’Arsenal, Paris

Paris, la métropole et ses projets, exposition permanente

To read the English version, click here.

On arrive dans une ville, et comment la comprendre? C’est toujours plus petite ou plus grande, plus bruyante ou plus calme qu’on l’avait entendu. On recherche, instinctivement, l’histoire des lieux. À Paris, le Pavillon de l’Arsenal vient de refaire leur exposition permanente, Paris, la métropole et ses projets. À Paris les plusieurs musées, au moins les musées nationaux, s’emboîtent comme les rames du Métro. Le Musée d’Orsay (aussi renouvelé) commence où finit le Louvre dans l’année révolutionnaire de 1848, et puis le Centre Pompidou continue dès 1914 à nos jours. Mais avec tant des musées il y a toujours les rames qui restent peut-être libres. Pour les amateurs de Paris il y a le Musée Carnavalet de l’histoire de la ville et sur le plan architectural et urbaniste nous avons l’Arsenal et la Cité de l’architecture et du patrimoine au Trocadéro. Par rapport au Trocadéro, l’Arsenal se concentre plus sur Paris et en particulière sur son architecture moderne et contemporaine.

L’exposition comprend beaucoup et même si une seule visite est assez pour tout voir, ce n’est pas assez pour pour tout apprendre. Comme on attendrait à l’Arsenal, l’exposition se penche vers la ville contemporaine. Presque la moitié exprime la période depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est l’époque la plus inconnue pour les visiteurs même si c’est la plus quotidienne pour les Parisiens eux-même. Si on évite cette architecture on manque l’architecture contemporaine de Paris, qui est souvent très belle et surprenante. Les architectes français (peut-être comme leurs cyclistes…) me semble bien sous-estimés; les architectes néerlandais, scandinaves, espagnoles et japonais restent plus connus dans le monde entier. Si on prend le temps à chercher la “French Touch,” le nom d’un groupe important des architectes françaises, on peut apprendre beaucoup sur les questions les plus urgentes de nos jours.

On retrouve la plupart de l’architecture contemporaine à Paris dans les arrondissements périphériques où elle lutte avec les grands ensembles de l’après guerre. C’est bien connu que beaucoup de bâtiments bien laides apparaissaient à Paris pendant cette époque, même avec les bonnes intentions (on ne dirait pas les meilleures intentions). L’exposition de l’Arsenal évoque cette histoire sans empressement. Les images, quelquefois rares, sont bien choisis pour parler eux-mêmes. Le public, soit touristes, architectes ou flâneurs des rues mal connues, sont encouragés à faire leur propres conclusions à travers ces architectures étonnantes, belles, laides ou scandaleuses. Au centre de l’exposition est une maquette numérique de 37m2 (plus grand que beaucoup des appartements parisiens) où les projets existants et prévus pour la métropole sont présentés sur les photos aériennes de Google Earth. Quoique impressionnant, quelquefois manquait à mon avis une petite carte indiquant les situations des projets aux quartiers moins connus.

Les grands thèmes de cet exposition sont d’autant plus évident dans les rues de Paris. Paris, la métropole et ses projets exprime une lutte constante entre l’urbanisme des grandes idées et l’urbanisme des petits détails. On peut trouver cette même bagarre chez le Victor Hugo de Notre Dame de Paris, un roman qui prône une démarche gothique autant qu’un style gothique. À Paris, un interrègne bref mais fascinant de cette sensibilité gothique semble suivre chaque époque des grands idées pendant lequel une architecture fascinant résiste une architecture accablante. Pendant ces années “gothiques” l’architecture se déroule lotissement par lotissement, détail par détail. Haussmann était suivi  par l’éclectisme, L’art nouveau et l’art deco. On peut même considérer un des plus grands projets parisiens, le Métro, comme réaction contre la tyrannie des boulevards puisque le Métro permet une espèce de montage urbain, un Paris sans ses moments ennuyants (et ils existent bien sûr…). Même l’Opéra Garnier et son ornementation foisonnante me semble une révolte, bien allègre, contre ses alentours excessivement ordonnés. L’Opéra n’a rien en commun avec la plupart de l’architecture publique du Second Empire, par exemple ses églises un peu trop froides (Église de la Trinité, Saine Augustin). 

À l’Arsenal on retrouve certains images inoubliables. La magnifique et effrayante numéro 951 (juillet 1967) de Paris-Match consacré à “Paris dans 20 ans” est une relique extraordinaire d’un moment où on peut imaginer sans chagrin une Paris percée par les autoroutes et éparpillée par les grattes-ciel. Les grands travaux de Mitterrand, l’architecture caractéristique de la vraie 1987, semble des châteaux de sable par rapport à ce modernisme autant confiant que terrifiant. Et ce n’était pas une fantaisie; En 1965 le réaménagement total de la plupart des arrondissements périphériques était envisagé.

Flower Tower (2004), ZAC Porte d’Asnières, Paris, Edouard François, architecte. Notez le eucalyptus dans le parc devant! Photo © 2012 Alan Miller.
Flower Tower (2004), ZAC Porte d’Asnières, Paris, Edouard François, architecte. Notez le eucalyptus dans le parc devant! Photo © 2012 Alan Miller.

Les parisiens actuels sont fortunés à vivre pendant le long interrègnes qui suivait cette folie de la tabula rasa. La réaction contre l’idéologie exprime dans Paris-Match a commencé dramatiquement avec le Centre Pompidou (1977) suivi par les oeuvres sensibles des architectes comme Christian de Portzamparc et Roland Castro. Ils ont en commun un retour à la langue des rues, des places et des détails quelquefois ludiques. Cette sensibilité continue à caractériser la meilleur architecture française lors qu’elle protège les villes françaises des pires abus de l’urbanisme du marché qui règne d’ailleurs. La semaine prochaine nous examinerons un bon exemple, un projet autant expérimental qu’exemplaire dans la rue Rebière au nord de Paris.

À l’Arsenal (et ici) on peut retrouver une carte, 150 Architectures Paris XXI siècle, qui est indispensable pour les explorateurs de l’architecture contemporaine dans la ville.

Alan Miller

About Alan Miller

Alan Miller is a graduate of the Sydney University Faculty of Architecture and holds a BFA in film from the Tisch School of the Arts at New York University. A fanatical cyclist, he is a former Sydney Singlespeed Champion. Alan Miller reports on cycling, film, architecture, politics, and other sports in his letters from Sydney. He won the 2011 Architects’ Journal Writing Prize.

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